samedi 8 mai 2010

Ce qui doit être aboli

Jeudi Abdel en plein jeu

Ce qui doit être aboli continue, et notre usure avec. On nous abîme. On nous sépare. Les années passent, et nous n'avons rien changé. Encore une fois le matin dans les mêmes rues. Encore une fois la fatigue de tant de nuits pareillements traversées. C'est une marche qui a beaucoup duré.” Guy Debord

Qu'avons nous changé? si peu et tellement de choses; "nos" stagiaires qui terminent (et qui reviennent nous voir et s'investir dans l'association) le vivent aussi ainsi: une journée des Robinsons, c'est 1000 histoires à raconter, et toujours cette envie d'écrire.

Nous avons compté aujourd'hui que nous avons 16 000 photos de toutes nos activités depuis 2006...

Et pourtant comme l'écrit Marie Jose Morel Cinq Mars, (DANS “PSYS DE BANLIEUE”) , nous rêverions de travaux achevés, de résultats patentés, d'exemplarité.

Nous avons à la place la longueur et la patience du quotidien, la fidélité des enfants, les efforts et les espoirs (l'impatience aussi quelques fois) des adultes exténués.

Mais si nous buttons sur les mêmes obstacles (manques de soutien et de volonté claire des politiques qui permettrait une fois pour toute de sortir du bricolage et de la précarité) nous étendons au moins ce qui est possible et ce qui doit être fait.

Jeudi , mobile school...

Est il possible aujourd'hui en France à une association de créer une crèche "ouverte et très sociale" avec un projet soutenu par la CNAF et Espoir Banlieue?

Ou faut il dire que la petite enfance est désormais l'apanage des entreprises et sociétés privées, seules capables d'avancer les investissements nécessaires?

C'est ce que nous allons sans doute déterminer et apprendre dans les semaines qui viennent: Nous octroiera-t-on le financement des travaux d'aménagement du seul local que nous avons trouvé au quartier sud?

Apprendre à SE dire, à s'écrire


Mercredi :

Nous sommes allés à la ludothéque avec une dizainne d’enfants. Nous nous sommes séparés en deux groupes: l'un a lu des contes, l'autre a organisé des jeux; puis nous nous sommes retrouvés pour prendre le gouter au parc.


Le même jour, Robin et Mélody ont représenté l'association aux rencontres départementales de l'insertion où le travail de l'association a été présenté devant les administratifs, les élus et les travailleurs sociaux.





Mercredi, à la bibli


Jeudi :



A moulin Galant, parterre, on joue, sur des ardoises on écrit, on ensemble, on apprend. Bonne nouvelles, plusieurs enfant on rencontré leurs futurs professeurs cette semaine et commencent donc les cours très bientôt!





Cette après-midi, nous rencontrons pour la première fois, Roger, qui vient de Sainte Geneviève des Bois pour jardiner avec nous, et Marie, en formation d' EJE (Educatrice de Jeunes Enfants), qui viendra prochainement en stage à l'association. Au jardin, on arrose, on sème, on range, on bricole, et Jessica désherbe son chien.





Au Skate-Parc nous avons fait plusieurs nouvelles rencontres d'enfants et de mamans qui viennent d'emménager.


Au programme de cet atelier , lectures, jeux, et nous avons inventé un nouveau sport: mélange foot et de basket.





Jeudi, au jardin



Vendredi:


Jardin de Chilly : alors que Roger bine l'ail et les carottes, Jessica arrose et sème des betteraves après être allée chercher du BRF avec Souad.

Marie-Thérèse prend le soleil. Claude vient nous dire qu'elle ne peut pas venir, à cause d'un malicieux mal de dos.

Une bande de jeunes désoeuvrés mais néanmmoins dangereusement organisés nous accostent en fin d'après-midi : sans doute voulaient-ils nous racketter nos radis...mais non, ils nous proposent d'échanger des plants (l'un d'entre est en école d'horticulture). Ouf, on a eu peur, il faut dire qu'il n'y a toujours pas de caméras de protection dans le jardin.


Atelier de la rocade


A la rocade, les jeux de constructions sont à l'honneur. Entre le petit train, et la maison en bois, il y a de quoi faire. Ce qui n'empêche pas certains de lire des livres ou de jouer dans les grands jeux.



Dimanche:



Dimanche...



C’est sous un soleil inespéré que nous débutons ce dimanche, Aujourd’hui, résolument, on séme! Des courges, courgettes, choux, maïs, topinambours, pommes de terres, j’en passe... On dégustes des grillades et un salades préparé par Elise, qui est venuepoursuivre la fabrication de ses sculptures pour le festival “Jeunes Pousses“ d’Animakt. Hélène, Laurent, et Gabriel viennent en début d’aprés midi, accompagnés de collègues d’Hélène qui jardinent avec nous.















Sculptures en tous genres, art au jardin












vendredi 30 avril 2010

Occuper les espaces publics pour lutter contre l'occupation des esprits


A la soirée conviviale de vendredi

Tout dans notre vie nous isole, nous coupe les uns des autres; nous avions l'esprit occupé par nos affaires, nos problèmes qui nous replient sur nous mêmes; or un problème n'est jamais le problème d'une seule personne; plus, il est toujours en lien avec l'environnement et le contexte dans lequel nous vivons: économique, social, etc




Enfants, sur le terrain numéro 3 qui apprennent à boire à la régalade...

Le travail dans les espaces publics s'adresse aux personnes très occupées par leur quotidien;
il permet dès lors de découvrir des liens et des ressemblances entre notre vie et la vie des autres.

Il en est de même pour une association, criblée de soucis de contraintes, de comptes à rendre... avec si peu de moyens! Ce que nous découvrons c'est l'importance de se rapprocher des structures les plus proches qui partagent le même environnement; c'est pourquoi Intermèdes se rapproche et multiplie les projets commun avec d'une part les autres associations en pédagogie sociale, mais aussi avec les assos et structures pleines de vie proches de nous: Animakt à Saulx (et des structures comme le Centre Social... de Chilly Mazarin)

Coupe transversale d'une tranche de vie des Robinsons
Mais que fait l'association? Pour le savoir, prenons un jour au hasard - ou presque- un jour de vacances: ici le vendredi 30 avril.
Il est 17 h 00: le camion numéro 1 ramène un groupe de 6 enfants et un ado au quartier; ils reviennent du terrain Numéro 3 de Chilly où ils ont jardiné, arrosé, goûté, joué, planté, travaillé, crié, etc.

Les enfants sont déposés au quartier où les attendent leurs grand frères et grandes soeurs, mais il faut aller retrouver un autre groupe, celui des ados, qui est au terrain numéro 2 pour préparer le feu et la table en vue de la soirée conviviale de ce soir (qui menace d'être pluvieuse) Elie y va aussi et fait la connaissance des 3 ados qui sont sur le terrain numéro 2 depuis le début d'après midi; le feu ets magnifique; mais Modi et Moussa doivent rentrer chez eux.
Le camion numéro 1 (le vieux) les ramène donc, mais auparavant il faut aller chercher les adultes et l'enfant restés au jardin de Chilly (car il n'y avait plus de place dans le camion).
Il est impossible que ce soient et Mélody et Borys par exemple avec ...le camion numéro 2... car pendant tout ce temps là, pendant ce temps d'eau (d'arrosage) et de feu (pour la soirée), ils étaient occupés avec une masse d'enfants ... à l'atelier de rue numéro 3, qui s'est tenu pendant plus de deux heures au soleil et sous la joie!

Mercredi :









Nous étions très nombreux au jardin cette après-midi (une trentaine). Pendant qu'Elise animait un atelier de fabrication "de statues de bric-à-braque", les ados débrousaillaient les pommiers, et fabriquaient une nouvelle table, plus ergonomique. Les autres jardinaient: semis de carottes, plantations de courgettes et de piments, binage des oignons, cueillette de pissenlits, arrosage...ou jouaient.













Jeudi


De plus en plus, le jardin s'anime et s'épanouit. Les fèves et les oignons grandissent, les salades s'installent, les courgettes s'implantent, les carottes et les radis s'éveillent, et les tomates patientent dans la serre.

Aujourd'hui, certains épendaient un terreau délicieux sur les pommes de terre, d'autres fabriquaient des panneaux pyrogravés pour signaler semis et plantations, pendant que les ados coupaient du bois pour faire des grillades lors de la fête de demain soir. Au goûter, nous avons partagé un gâteau préparé par une des mères des enfants présents.

Deuxième atelier de rue à la Croix Breton. Aujourd'hui pas "d'habitué" car ils sont au jardin, mais quelques enfants de la croix breton. L'atelier est interrompu à cause de la pluie.

Atelier au camp de Moulin Galant

Sur notre parcelle rectangulaire, on écrit, on dessine, on bine ses rêves d’un jour avoir une maison, un cartable, un avenir… Il y a des ardoises buissonnières, des livres rescapés,

(encore Merci à LIRE C’EST PARTIR qui nous offre des cartons d’albums), des balles de jonglages calculatrices, des crayons de bois asservis… Des enfants qui vont, viennent, ajustent le matériel en fonction de leur âge :










Salomea qui a 3 ans, s’amuse avec une poignée de crayons. Pour le prochain atelier nous penserons aux touts petits qui sont plus nombreux maintenant que le printemps est là



Denissa après avoir recopié son prénom, déclare: «Sophie ! C’est très joli ! C’est ça, moi, c’est ça, toi ! »

(Voir aussi les vidéos sur TV Robinson )

Vendredi












C'est le retour du "magasin gratuit" (Diggers), qui, nomade, s'était invité à la fête


Tandis qu'on jardine à chilly, on s'amuse à la Rocade. Puis on se retrouve le soir au jardin de Saulx pour la soirée conviviale!

Nous étions nombreux; la soirée était superbe, d'abord dans une chaleur printanière; puis la nuit tombée, nous nous sommes rapprochés du feu, Luis a joué de la guitare. On avait envie de rester...


Dimanche

Ce dimanche, nous avons encore une fois chassé la pluie promise et nous rendre au terrain pour poursuivre plantations et arrosages; une visite amicale s'imposait à ANIMAKT
qui faisait sa fête et nous nous y sommes rendus en force !

Certains sont restés par la suite pour assister au spectacle de clown, car, comme chaque premier dimanche du mois, nous profitons des spectacles en cours de réalisation, en résidence à Animakt.

Bientôt le Festival des Jeunes Pousse à Saulx, en notre nom et avec ANIMAKT
, qu'on se le dise, Intermèdes sera bien présent!




samedi 24 avril 2010

ZUP: Zone d' Utopie Populaire

Nous vivons une période d'évitement du conflit qui fabrique de la violence, car cet évitement de la souffrance sociale, se reporte au plus intime des gens eux mêmes; le conflit est devenu une option coûteuse, réservée à des élites , hors de portée de la plupart d'entre nous, condamnés éternellement au contrat et au consensus.
Assemblée naturelle et populaire











Selon Marcel Gaucher nous sommes ainsi passés de l'ère de l'affrontement à celui de l'évitement. Mais cela a un coût: la souffrance, la misère quelques fois, la solitude toujours et surtout tous ces conflits impossibles à vivre, qui deviennent latents sourds, et plus redoutables encore. Le feu couve...

Il s'agirait de redonner aux habitants des quartier une place centrale dans la Cité, de pouvoir proposer des plans divergents et alternatifs sur le projet de vivre ensemble. Un autre point de vue...

Il convient de rendre aux quartiers l'ingéniosité et la puissance des conflits démocratiques.
Mais c'est le contraire qui se produit: il faut bien reconnaître que les entreprises de rénovation urbaine, les opérations de réhabilitation, sont un échec cuisant: participation réduite à la caricature de quelques habitants triés sur le volet dans des réunions artificielles, destinées à déterminer la couleur ou l'emplacement des poubelles.

Pire sur le plan de l'urbanisation, ces opérations normées renforcent les maux qu'elles devraient combattre: la résidentisalisation des portes d'entrée renforce le repli sur soi, la vidéo SURVEILLANCE renforce la peur de l'autre, la perte des espaces libres et publics au profit de petits espaces fragmentés et cloisonnés renforce la solitude des enfants, etc.

C'est comme soigner l'alcoolisme au whisky!

La Pédagogie sociale, depuis ses origines avec Freinet par exemple, permet de ré-envisager d'autres pratiques; c'est pourquoi notre association développe les rencontres et réunions dans les espaces publics eux mêmes.

C'est avec les enfants, avec les parents eux mêmes que nous allons mettre en oeuvre des réunions nomades, des débats instantanés, de l'information circulante. Permettre aux gens de se parler autrement que face à l'expert, s'ouvrir à leur désir d'agir, favoriser les initiatives des uns et des autres.

C'est ainsi que depuis deux semaines, une de nos adhérentes a ouvert un atelier arts plastiques pour les adultes du quartier, d'autres suivront...

Mercredi :








De vrais travaux, de vrais outils, une vie en grand..

Nous sommes allés au jardin,sous un beau soleil. Les enfants se sont amusés,certains à faire de l'huile de pissenlit avec l'eau du puit,d'autres, ont fauchés les orties le long de la serre. Quant aux autres ils ont mis du terreau sur les parcelles et repiqué les salades.








Place au service...


Jeudi :

Les Robinsons urbains et apiculteurs...




Le matin, nous sommes 10 à aller voir nos ruches. Les abeilles outrepassent génereusement les restrictions de vols, et semblent même se réjouir du calme aérien. Tout en manipulant, Phillippe nous explique avec pédagogie le fonctionnement de la ruche. On pose les hausses et installe des "pièges à essaims".

L'après-midi, nous sommes encore une dizaine au jardin. On étale du terreau, on bine les fèves, on plante des patates et on pyrograve des écriteaux pour signaler les plantations.

Vendredi :








Du quartier au jardin de Chilly...



Au terrain de Chilly, notre nombre nous impose de nous répartir en équipes : les uns amènenent du BRF à la brouette, les autres plantent des cassis, groseillers, framboisiers, estragons, persil... Pendant que certains arrosent. Stéphane et Marie arrivent ensuite en renfort pour biner les fèves et désherber les allées.

















questions d'équilibre

Samedi :


des jeux et des outils pour tous!


Au camps d'entrainement de la villa st martin, les robinsons travaillent en vue de leur future révolution

Au programme: manifestation anti-ecureuil et éléphant, Combat au corps à corps avec le punching-ball, création de banderoles, cours de stratégies avec le puissances 4. Quelques robinsons on même ramené des armes (à billes) . Oppresseur, Esclavagiste, Cols Blancs, Dirigeant prennez gardes! La rue s'arme!



du punch et de la tendresse, ...




















Dimanche
Les mains noires contre les idées noires

Ce dimanche, nous étions nombreux au terrain et tous les âges ont travaillé ensemble et en bandes; comme c'est la saison de planter, (patates, radis, courgettes, salades, etc)
... nous avions les mains dans la terre noire;
"les mains noires contre les idées noires"
a fait remarquer Sophie; en effet, bel antidote!