jeudi 10 mars 2011

N’ayons plus peur du loup, il est là.

« Dans l'en-bàs où nous sommes avec nos mots simples, notre passé et notre semence de vie, nous cherchons et nous exigeons justice chaque jour, c'est ainsi que nous construisons notre chemin. Mais plus nous marchons, plus nous voyons qu'il n'y a rien à trouver En-haut. Là-bas le mensonge est une parole censée être distribuée comme un prix de consolation à ceux qui sont prêts à l'écouter. C'est pourquoi nous savons qu'est venu le temps des peuples, de ceux qui se refusent à subir cette guerre qui n'est pas la notre et que depuis le pouvoir on veut nous imposer.
“Tandis qu'eux parient sur la mort, nous parions sur la vie...”

Campagne Justice et dignité - CACTUS

Tel est le message que depuis le Mexique, Robin nous a relayé. Et même si nous sommes loin du Mexique, la Justice et la Dignité, forcément ça nous parle, en tant qu'individus, que groupes, qu'association, où qu'on soit , au quartier, au terrain, aux camps...

Du coup nous demandons aux enfants et aux familles du quartier de nous aider à réfléchir et à nous exprimer sur ce thème. Nous prévoyons aussi une exposition des oeuvres individuelles ou collectives qui sont produites lors de nos ateliers.

Et ces oeuvres réalisées au quartier, nous seront fiers de les présenter au Centre Social (de Chilly).

Dans le même registre, cette semaine nous avons contribué comme association dans le cadre de l'Université populaire de Longjumeau/Chilly (en construction) à LA 3 eme SEANCE DE FORMATION DES ACTEURS SOCIAUX AU TRAVAIL AVEC LES FAMILLES.

Des bénévoles, d'associations, des animateurs, des travailleurs sociaux, des artistes, se sont réunis pour réfléchir ensemble à la question "Qui éduque? Qui doit éduquer?" Encore une séance bien riche de tous les apports mutuels. Nous nous retrouverons le 22 pour poursuivre la réflexion avec HUBERT MONTAGNER et le 23 pour une nouvelle séance de travail sur la question de "travail avec les cultures".

Nous retenons de la Pédagogie Freinet, ce besoin incompressible de prendre la parole, de témoigner, de s'exprimer sur ce que nous vivons ensemble. C'est aussi ce que représente aussi ce livre que nous écrivons ensemble.

En avant première, chaque semaine, nous publierons un des textes qui composeront ce recueil.
Merci cette fois ci, à Aurore, ancienne stagiaire éducatrice pour jeunes enfants de celui ci (en bas de la KroniK)


DIMANCHE



C’est sous un ciel gris mais sans une goute de pluie que nos robinsons sont allés manger, rire, s’amuser mais surtout jardiner tous ensemble. Au menu de notre repas, merguez, pomme de terre cuites aux braises, une salade de légumes, du bon couscous de Naima, et en dessert du brownie délicieux. C’est dans la bonne humeur que nous avons bossé sur le jardin toute l’après midi (répandre le terreau, le fumier et les semis de tomates).





SAMEDI




L’atelier c’est déroulé légèrement sous la pluie. Notre environnement est modifié et nous devons nous adapter au nouveau terrain. Sur une initiative de Pierre une œuvre collective à la bombe est réalisée. Chacun s’essaye et tous peuvent admirer le super résultat que cela donne.








Un foot s’organise et certain se confrontent au jeu du palets.














VENDREDI

Au jardin de Chilly…




Les travaux d’entretien du jardin continuent, la période est propice également à quelques semis. Nous profitons de cet après-midi pour semer des graines de Fenouil sauvage. Pour le reste, il y a du désherbage et également de la taille dont s’occupe Jessica. Nous avons de la visite au jardin : Jérôme de la MJC-CS de Chilly ainsi qu’un élu adjoint aux espaces verts profitent d’être dans les parages pour nous rencontrer.

A l’atelier de rue…


Pour cet après midi confection de balle de jonglage avec les enfants. Aline leur explique comment faire et chacun va pouvoir repartir chez soi avec. A coté, les tapis vivent sous les jeux des enfants, ont discutent entre parent et permanent et on nous disons bonjour au nouveau venu.








JEUDI...

...Au camp Rrom de Massy…

Très bel atelier ! Sur les tapis, nous avons partagé coloriages, dessins, puzzle de chiffres et scoubidous ! Une maman nous a même rejoints pour s’initier à la technique des fils de toutes les couleurs. Après le goûter, comme d’habitude, les garçons nous ont aidés à ramener le matériel au camion. Mais cette fois, on a même eu des bisous !

http://www.dailymotion.com/video/xhk41q_mov01211

...Au Jardin de Saulx…


Nous commençons cette après-midi par faire une visite au terrain des ruches afin de déplacer la ruche, où l’essaim est mort, que nous nettoieront par la suite. A notre grande surprise, cette ruche à été investie par une famille de mulots et nous en profitons pour les déloger. Dans le bois environnant, nous rencontrons des bucherons qui sont à pied d’œuvre pour nettoyer et tronçonner les nombreux arbres morts. Nous finissons cette journée par un passage au jardin de l’équerre où nous continuons les divers travaux de préparation de la terre (bêchage, désherbage…).


...A l’atelier de rue…



Cet après-midi notre atelier a pris des allures petites enfances. Tous plein de maternelles, et des plus jeunes accompagnés par leur assistantes maternelles ou/et mamans se sont retrouvés sur les tapis. Les assistantes maternelles et les mamans discutaient pendant que les enfants jouaient, découvraient les jeux et les livres mis à leur disposition.


...A la batucada…



Pour notre quatrième séance de batucada, nous avons fait le choix de nos instruments pour le défilé. Ce soir, il y a du monde et la bonne humeur est au rendez vous laissant place à quelques solos. Nos 4 robinsons se débrouillent comme des chefs !


http://www.dailymotion.com/video/xhk3o8_robinsons-a-la-batucada_news

MERCREDI

...Au jardin…


Nous avons profité du beau temps pour aller au jardin de Saulx. Nous avons commencé les semis de tomates, certains en ont remportés chez eux. D’autres enfants ont arrosé les fleurs qui émergent de l’hiver et les bébés plants de rhubarbes. Le tout bercé par la lumière du soleil.





...Au camp Rrom de Moulin-Galant…





Avec les beaux jours, de nouvelles têtes sortent de leur caravane pour partager l’atelier avec nous. Au programme, des coloriages de spider man et de Hello Kitty et du badminton. On a aussi joué au pendu.


















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Intermèdes-Robinson, souffle d'espoir, à Longjumeau


Un matin, au centre d'hébergement où j'effectuais un stage, j'écrivais: "Ces enfants défavorisés me montrent qu’ils possèdent de grandes qualités et compétences et qu’ils ont surtout besoin d’être entendus et soutenus pour celles-ci". Puis je concluais: "Le respect des qualités de chacun, et non un regard misérabiliste, est la porte d’entrée de leur liberté". Cette prise de conscience m'a guidée vers un article captivant sur le travail d'Intermèdes-Robinson; vers un article qui m'a offert la chance de découvrir l'association et ses nombreuses actions, mais aussi la pédagogie dite sociale....


17h, la nuit tombe sur le quartier des Arcades. Assise sur une natte entourée de livres, Ismaël, un jeune garçon de 12ans, s'approche et me dit en souriant: "Tu lis une BD de Toto ! C'est drôle ?". "Oui çà à l'air. Peut-être qu'en la lisant, tu le saurais. Cà te dit qu'on le fasse ensemble ?" lui répondis-je. Ismaël, un doute dans le regard, hausse les épaules et me répond: "Ouai... je ne sais pas trop, c'est qu'il va faire nuit et je devrais rentrer". Nous nous regardons, sans un mot. Silence durant lequel il cherche son désir, durant lequel je sens qu'il est en équilibre sur un fil. Le fil sera t'il assez résistant pour qu'il s'y aventure ? Je lui souris et espère dans mon cœur qu'il ne s'imagine pas un fil tendu dans le vide. Parce que le vide c'est l'angoisse, la peur de la chute, un espace où l'on ne peut se situer, se trouver. Alors j'ouvre le livre et commence: "Dans la cour de récréation, Toto se remémore avec ses copains....". Ismaël s'assoit à ma gauche et cherche les images qui accompagnent ce texte.


Je continue (en m'appliquant au mieux car l'attention d'Ismaël m'est précieuse) et trois bulles plus tard, je lui demande: "Ca te dirait de faire Toto et moi les autres personnages ?". Il sourit et me répond fièrement que oui. Je sais à ce moment qu'il est monté sur le fil et qu'il m'y a réservé une place avec lui. Comment ne pas être touchée par autant de confiance ? Je vois que toute cette lecture lui demande un effort, de surmonter les mots difficiles, peu clairs parfois, des mots qui ne sont pas tous les siens. Mais qu'importe ! Le fil s'est transformé en radeau qui, de page en page, se bâtît, se solidifie. Ismaël et moi prenons plaisir à nous aventurer ensemble dans cette mer d'histoires...


Je pourrais dire que nous avons terminé cette histoire, quelques pages plus tard, mais je ne crois pas. Car l'Histoire de chacun se construit de tous les instants chargés de sens, chargés d'émotions. Les mots que nous avons partagés en cette fin de journée, je ne sais ce qu'Ismaël en fera. Mais çà c'est son Histoire.


L'association lutte, entre autre, contre la marginalisation culturelle, l'isolement, elle œuvre pour d'avantage de justice sociale et croit en la capacité des enfants à se déployer si les moyens leurs en sont donnés. Voici probablement ce par quoi j'ai été le plus touchée lors de mon stage à Intermèdes-Robinson et ce qui, j'espère, guidera toute ma pratique professionnelle qu'elle soit en tant qu'éducateur de jeunes enfants (la formation actuelle dans laquelle je m'inscris), ou professionnelle de l'action sociale.


J'ai introduit mon histoire par un constat suite à mon expérience en centre d'hébergement "Ces enfants urbains me montrent qu’ils possèdent de grandes qualités et compétences et qu’ils ont surtout besoin d’être entendus et soutenus pour celles-ci" et "Le respect des qualités de chacun, et non un regard misérabiliste, est la porte d’entrée de leur liberté".


C'est à Intermèdes-Robinson que j'ai appris la véracité de cette idée, permettant à l'espoir d'une jeune professionnelle de devenir réalité.


Aurore Gillard- Février 2011/ Extrait du futur "livre des Robinsons"



samedi 5 mars 2011

Nous écrivons NOTRE livre


Nous n'écrivons pas un livre, nous écrivons notre livre ...
et nous nous y mettons tous. Sous la houlette de Mélody, premiers permanents, anciens bénévoles, ex stagiaires, nouveaux venus, partenaires d'un jour ou de toujours... chacun s'y met de sa contribution.

Notre but, RENDRE COMPTE DE CE QUI SE FAIT LA, de ce qui se joue là entre nous, entre tous les âges, tous les horizons, tous les statuts, toutes les singularités.

Jeudi au camp de Massy

PHOTOPEDAGOGIE: nous partons les uns et les autres, d'une photo de notre choix et nous écrivons ensuite pourquoi cette photo nous touche ou nous paraît révélatrice de quelque chose d'important.

Facette après facette, comme un habit d'Arlequin, c'est bien une démarche qui se dessine, qui se décrit, non pas depuis ses intentions, ses objectifs, MAIS DEPUIS SES EFFETS, ce qu'elle donne: sa matière.

Tous ces textes vont devenir un livre où on écrira aussi une histoire, on présentera nos outils, et ce que nous avons fait. Ce livre, nous chercherons à le faire publier. De toute façon, nous le diffuserons, tellement il nous paraît naturel de témoigner et de rendre compte.

Alors à tous ceux qui ont envie de se joindre à ce projet, pas d'hésitation, choisissez une photo et pour tous les autres, voici en première exclusivité et en bas de cette KroniK, le poème que Franck (partenaire et membre de notre association depuis des années) a écrit pour cette aventure.

Merci à tous les contributeurs car ce livre sera un outil pour être plus forts.

Parce que nous vivons tous, individus, groupes, associations , engagés socialement une période contraire,nous recherchons entre nous des alliances, des réseaux et des formes de mutualisation.

C'est en ce sens que nous travaillons avec le Centre social (de CHILLY), Animakt de Saulx, à cette Université populaire dans laquelle NOUS REPRESENTONS LONGJUMEAU et qui organise conférences, formations et bientôt, sûrement, d'autres projets.
C'est aussi dans ce sens que nous nous sommes réunis samedi AU CHANTIER DE PEDAGOGIE SOCIALE.

Toute cette journée, à l'EFPP, centre de formation du social engagé dans la recherche et l'expérimentation, tous les membres, acteurs sociaux, éducatifs, artistiques de la recherche, de terrain , nous avons échangé. Nous nous organisons, décidons de participer à des rencontres nationales ou à écrire au nom du chantier.


Dimanche au jardin de Saulx…

Le soleil est toujours là cette après-midi. Ce qui nous permet d’allumer rapidement le barbecue au jardin. Naima s’en charge et elle est très efficace, nous mangerons à l’heure cette fois ci.



Pendant ce temps là, les enfants mettent du terreau, retournent la terre pour la préparer au semence, et coupe une palette en bois pour allumer le prochain feu.





Après le repas, nous profitons un peu du soleil avant de reprendre nos activités !



Vers 15h, nous partons pour « Les beaux dimanches » d’Animakt. Nous assistons à une pièce de théâtre, bien marrante, qui fait sourire et rire les Robinsons !

Samedi à la VSM…

Grand soleil pour l’atelier aujourd’hui !



Pierre prend une petite équipe de Robinson pour une expérience peinture façon « Pollock ». Les enfants participent avec motivation et expérimentent cette technique de « balancement de gouttes peinture » avec entrain !




Aline reprend son atelier Capoeira avec cette fois ci quelques nouveaux adeptes pour cet art martial ! Jeux de jambes, rotations, mouvements de danse et de défense, etc. Et tout cela au rythme de la musique !





Un coin jeux de société attire toujours quelques uns qui on envie de se poser ou de partager un moment convivial avec un ou deux Robinsons.







Enfin, ce samedi, les robinsons proposent un magasin gratuit où chacun : parents et enfants récupèrent des affaires pour lui ou son entourage. Alan accompagné de quelques robinsons se charge d’organiser le magasin gratuit afin que tout le monde s’y retrouve !



La bonne humeur générale entraine tous le monde pour danser au son de la musique. Cette danse improvisée lie grands et petits!



L’après midi se conclut par notre conseil de quartier. Les enfants sont libres d’y participer et de parler. Aujourd’hui nous parlons du nouveau camion de l’association et nous faisons un point sur nos activités, les horaires et les lieux.




Vendredi au jardin de Chilly...



Une journée printanière avant l’heure. Nous profitons de cette après-midi pour nettoyer le jardin et le désherber, tailler certaines plantes omniprésentes voir en surnombre. Nous découvrons une multitude de fleurs qui sortent de terre. Il faudra les déterminer. On en trouve un peu partout, il s’agit probablement d’un ensemencement naturel sans doute dû au vent.


Vendredi à la Rocade…

Vendredi, c’est jour de grand rangement au local des Robinsons. Du coup, au lieu de faire notre atelier habituel, on fait un « marché gratuit » : jeux, jouets, livres, tout est gratuit. Les enfants comme les grands sont invités à prendre tout ce qui leur dit pour le ramener à la maison.


Jeudi à Massy...



Aujourd’hui, nos petits Rroms de Massy avaient la pêche, comme d’habitude ! On a dessiné sur des cahiers, sur notre grand tableau Velléda, fait des coloriages mais aussi couru après ces petits sacripants ! Les ados étaient au rendez-vous pour le saut à la corde.





Nous avons aussi maquillé les filles en demoiselles et les garçons en messieurs : moustaches et rouge à lèvre s’il vous plaît !




Jeudi au skate park…



A la sortie de l’école, nous avons mis nos petits tapis par terre pour jouer à nos jeux de société préférés, regarder les livres et pris un thé bien chaud car même si le soleil était là, il faisait bien froid ! Des enfants, qui n’étaient pas venus depuis longtemps, étaient là et une nouvelle maman s’est renseignée sur nos actions !


Jeudi au jardin de Saulx...


Encore une journée ensoleillée mais fraîche pour nous rappeler que nous sommes toujours en hiver. Cet après-midi Franck et Jean-Jacques s’occupent de finir de retourner et de désherber une parcelle qui nous résiste depuis un bon moment. Nous déposons du fumier sur plusieurs parcelles, on cueille quelques fleurs hivernales signe de l’arrivée prochaine du printemps. On se réchauffe enfin grâce à quelques tasses de thé au moment du goûter.



Mercredi au jardin de Saulx…









Cet après-midi froid et ensoleillé est l’occasion pour les Robinsons de faire un grand ménage dans le camion ainsi qu’un tri de toutes les affaires qui y sont stockées. On profite également de cette journée pour couper un peu de bois, enfin, les enfants improvisent et créent un mini parc d’attractions avec un parcours d’obstacles composé de tout ce qu’ils trouvent dans le jardin.



Mercredi à Moulin Galant…

Notre atelier d’aujourd’hui réunit beaucoup d’enfants.






Nous en profitons pour organiser notre atelier en 4 activités : la boxe, le dessin, une partie de mikado géant et une partie de palet 1 contre 1. Chaque enfants tourne sur les différents ateliers et trouve son compte.




Nous finissons par la corde et un copieux gouter qui réunit petits et grands !





mercredi 23 février 2011

Nous avons besoin de lieux pour habiter le monde

Nous avons besoin de lieux pour habiter le monde

... et de toute évidence nous avons le plus grand mal à en trouver et pouvoir y accéder. A quoi servirait un château au milieu de nulle part? C'est ici, au milieu des villes, qu'il nous faut des salles pour nos activités, deux appartements pour la crèche solidaire du quartier sud, une ouverture des structures publiques pour accueillir tous nos projets à tous.

Soirée partagée de vendredi soir- on a invité "Ôtreville"

C'est parce que la ville ferme ses lieux, ferme ses liens que nous nous étions rapprochés d'Animakt et du Centre Social (DE CHILLY) pour une ÔTREVILLE

Encore une semaine intense, éprouvante avec encore plus de Robinsons et tout le monde sur le pont! Qu'il est difficile pour nous à la fois de faire vivre de tels événements et de conserver en même temps tous nos moments et nos lieux de présence au quartier.

C'est un principe de base pour nous: MAINTENIR CE QUI A ETE ETABLI, au risque de devoir tout faire en plus.
C'est ainsi que cette semaine nous avons maintenu la plupart de nos ateliers et temps de présence et même réalisé LA SOIREE CONVIVIALE le dernier jour d'ÔTREVILLE.

Merci aux artistes d'Ôtreville d'y avoir participé.

Mais quelle fatigue aussi pour notre petite équipe de bénévole,s de volontaires, de stagiaires , de permanents ... de TOUJOURS TOUT TENIR DE FRONT, et de devoir constamment rendre compte de chaque petit bout de ce que nous faisons.

On n'en demande pas la moitié à ceux qui ont tout.

En attendant, nous avons l'amitié et cette soirée de vendredi dernier en était pleine: joies, retrouvailles...

A l'auberge de la parole, nous sommes très nombreux à être venus délivrer un message au groupe: enfants , adultes, artistes, poètes, danseurs...
Nous nous sommes offerts notre propre spectacle. Nous étions les héros de cette histoire

Les "Rrom'binsons" ont littéralement enflammé la soirée par leurs danses

Et samedi on était tristes; tristes de dire au revoir à Anaïs, super stagiaire et Robinsonne d'honneur à l'association. Mais on pense bien qu'on la reverra très bientôt et régulièrement...
Une page de l'actuel Dazibao

Entre autres réalisations (cuisine, sorties au marché, ateliers aux camps), Anaïs a travaillé à la rédaction des superbes Dazibaos "paroles d'enfants" qui ornent le quartier.

Notre semaine à l'Otre Ville…


C’est les vacances et avec elles redémarre le projet Ôtre Ville à la MJC de Chilly-Mazarin. Petits et grands, habitants du quartier et des villes environnantes se réunissent pour la seconde fois autour du thème de l’Ôtre Ville, une ville où chacun aurait sa place.


La journée démarre par un avant goût des projets qui vont être proposés pendant la semaine. Toujours de la cuisine, de la vidéo, de la radio, le musée décharge, l’antre sonore et la maison des mots. Chaque participant peut alors faire ou refaire un atelier qui prolonge la première semaine de Noël. Peu à peu, l’Ôtre Ville prend forme, construite et enrichie chaque jour un peu plus. On imagine, on déconstruit, on réalise…


Beaucoup d’ateliers et de diversité ! Les robinsons et rom’binsons sont heureux de participer à ce projet qui nous réuni.



Jeudi au camp Rrom de Massy…


Nous sommes allés au camp Rrom de Massy. En arrivant, trois enfants sont venus directement pour nous aider à transporter le matériel, nous avons ensuite joué aux Kaplas, aux palets et à la corde à sauter. Nous avons aussi fait jouer des adultes. En repartant, les enfants nous ont également aidés à ramener le matériel.



Vendredi soir à la soirée conviviale…



Superbe soirée ! Nous avons passé un très bon moment tous ensemble : Rroms, robinsons et leurs parents, artistes d’Ôtre ville, nos collègues de la MJC de Chilly et plein d’autres invités. Nous avons partagé un buffet de « pastels » du Mali, de « yoyos » et de « bricks » de Tunisie, croqué quelques crudités, goûté plein de gâteaux et bu à la santé de notre association !







Après quoi, c’était le temps de la parole et de l’expression : avec nos amis de l’Ôtre ville, sous une lumière tamisée, et assis sur des coussins, nous avons écouté un conte, lu un poème, dansé, raconté nos histoires, partagé nos recettes de cuisine et chanté. C’est sur ce bel échange que la soirée s’est terminée.




Samedi à l’atelier de rue de la VSM…






Entre la pluie et les éclaircies le cœur de l’atelier balance ! Au programme cet après midi, des jeux de société, des dessins, du football mais aussi des courses de voitures téléguidés ramenées par les enfants. Nous avons fini ce bon moment partagé par un bon gouter équilibré.



Cette après-midi marque aussi le départ d’Anaïs qui doit maintenant préparer son diplôme de fin d’année. Les robinsons lui disent merci pour se qu’elle a apporté à l’association : présence, écoute et bonne-humeur !

KroniKs mexicaines

Robin de Mexico nous envoie ses quatrièmes KroniKs depuis qu'il a quitté les Robinsons de Longjumeau. Cette fois ci (merci à lui), il nous envoie des photos. C'est curieux tout de même comme elles ressemblent à celles du terrain de l'Equerre et celles de nos nos soirées conviviales :

La France parmi les premiers consommateurs d'alcool au monde ! On est

aussi champions en consommation d'anti-dépresseurs. Je savais bien qu'il

n'y a pas qu'en vente d'armes qu'on peut faire partie des meilleurs...

De mon coté je continue avec la prépa, en remplacement d'une prof partie

aux funérailles de sa mere.


Dernièrement il y a eu pas mal de changements intéressants. Des nouvelles

classes sont apparues :

-assemblée étudiants profs, pour régler les problèmes de discipline,

travailler ensemble la forme et le contenu des classes, ou juste dire

comment on se sent...

-classe d'autogestion, pour impliquer les éleves dans le fonctionnement et

le développement de la prepa (par les projets d'autoproduction ou de

financement qu'ils mettent en place, a partir de leur propre diagnostique

de nécessité)

-connaissance et gestion de l'environnement, où on commence par mettre en

opposition le terme environnement avec le concept indigène de la

Terre-Mère. On travaille en équipe sur des projets concrets en lien avec

l'environnement de la communauté (plantes médicinales, gestion de l'eau,

reforestation).

-a la demande des élèves, classe d'art et d'éducation physique, qui

s'oriente plutot vers la danse traditionnelle et l'expression corporelle.

J'ai aussi commencé a exploiter les enfants du village pour faire un bout

de jardin.




Cactus vient d'ouvrir un centre Internet dans une communauté. Les femmes

du comité ont decidé de l'appeller Bety Cariño (contre l'avis d'un des

seuls hommes du comité, qui voulait l'appeller “El Palacio”).

Est-ce à cause de nos barbes et nos cheveux trop longs ? Toujours est-il

que la police ne nous a pas en grande estime ici. Par exemple, ils se

sentent obligés de descendre à 15 sur le terrain de basket en faisant

tournoyer leurs matraques quand ils considèrent que c'est plus l'heure de

jouer. Ou ils provoquent en mixtèque des compañeros argentins, en disant

qu'ils prendront le moindre prétexte pour les arrêter. Un des problèmes

dans ces petits villages, c'est les rumeurs : ils ont fait courir le bruit

qu'on avait bu dans le centre internet, ce qu'on a dû démentir devant le

comité. Mais hier c'est eux qui ont été mis en prison par les autorités

parce-qu'ils étaient bourrés...


D'ailleurs il n'y pas longtemps c'est un des élèves de la prepa qui a été

mis dans la prison de la communauté (pour avoir bu aussi). Les barreaux de

la cellule donnent sur la place centrale du village, donc on a été lui

apporter un peu de lecture : Rebeldia, la revue zapatiste, et un livre de

Ricardo Flores Magon. Il ne faut jamais perdre une occasion de

s'instruire.


Autorité et police sont des charges communautaires : quand vous êtes

désignés par l'assemblée du village (obligatoire pour les hommes, par pour

les femmes, qui y sont pratiquement absentes), vous êtes obligés de vous y

coller.


Le tequio, forme d'organisation communautaire du travail, est une autre

coutume ici. Tous les adultes en bonne santé doivent participer aux

chantiers collectifs (routes, école, puit...).



On a eu une réunion avec les autres écoles de la communauté (maternelle,

primaire...) pour essayer d'etablir un projet pedagogique commun. Ca va

pas etre de la tarte. On retrouve les mêmes absurdités qu'en France : les

parents ne font pas leur travail d'éducation, ils ne se préoccuppent pas

de savoir comment vont leurs enfants a l'ecole (l'ecole se

préoccupe-t-elle de savoir comment vont les enfants dans leur famille?),

ils ont des problemes d'expression a cause de leur langue maternelle (le

mixtèque)...A propos de la langue, on percoit clairement une partie du

mécanisme qui a aboutit a la quasi disparition des dialectes en France :

d'une part, l'autorité du prof perd en crédibilité (ils sont peut-être en

train de m'insulter?), d'autre part, l'école doit permettre d'ajuster

l'élève a une réalité dominante (« universelle » ), plutôt que de lui

donner les outils pour etre auteur de sa propre realité.


Sinon on prépare la campagne d'”Action communautaire-global pour la

Justice et la Dignité” qui fait suite à l'assassinat de Bety Cariño et

Jyri Jaakkola par des paramilitaires (quitte à me répéter). Tous sont

invités à organiser des actions sur leur territoire (quitte à me répeter).

Ici la premiere action a lieu dimanche a Oaxaca, je vais essayer de faire

un porteur de parole (outil pour le debat de rue).


Vous connaissez le chupacabra ? Une espece de monstre-vampire, qui en

1994-95, terrorisa le mexique en laissant le bétail exsangue, percé de

deux trous au niveau du cou. Le journal télévisé officiel suivait la piste

de ses victimes jour après jour. Créature de l'Au-delà ou (comme beaucoup

l'affirment) invention du gouvernement pour faire oublier la crise ?


Un communiqué de dernière minute : pendant une fête de fiancailles, Loic

s'est fait "frère de p..." avec John Holloway (qui a ecrit, entre autre

« changer le monde sans prendre le pouvoir ». Si vous avez le temps,

faites un detour sur la toile ou a la bibliothèque pour voir de quoi il

s'agit).


Kifez la vibe- R.